Rando Trail

SaintéLyon 2025 : récit de ma course en 8 h 28

Mon récit de la SaintéLyon 2025 : 79 km de nuit, un départ trop rapide, 10 km à vomir, puis 213 places reprises. Temps de passage, carte et trace GPX.

L’arche de départ de la SaintéLyon 2025, de nuit, vue depuis le sas des coureurs

J’ai couru la SaintéLyon 2025 en 8 h 28, à la 425e place sur 6 152 finishers. C’était mon premier trail long, moi qui n’avais couru que sur route. Je suis parti trop vite, j’ai vomi pendant 10 km, j’ai failli monter dans le bus au deuxième ravitaillement, puis j’ai repris 213 places jusqu’à Lyon. Voici le récit, avec mes temps de passage et ce que je changerais.

La course en chiffres

Édition 2025, la nuit du 29 au 30 novembre
Parcours De Saint-Étienne à Lyon
Distance 79,6 km
Dénivelé positif environ 1 950 m annoncés, 2 264 m à ma montre
Départ 23 h 30
Mon temps 8 h 28
Mon classement 425e
Finishers 6 152
Abandons 771, soit 11 %

Le parcours et le profil

Voici ma trace, enregistrée pendant la course. La partie haute se trouve entre les kilomètres 20 et 40, avec un point culminant à 890 m. Ensuite, le parcours descend vers Lyon.

890 m165 m
SaintéLyon 2025 : de Saint-Étienne à Lyon78,4 km, 2 194 m de D+, de 165 m à 890 m d’altitude.Télécharger la trace GPX

Le parcours change d’une année à l’autre : cette trace est celle de l’édition 2025.

Une première sur cette distance

C’était la première fois que je courais une telle distance. Je n’avais jamais fait que du bitume. Je savais donc que la course serait difficile et que je me lançais dans l’inconnu. C’est justement ça qui me plaît.

C’est mon meilleur ami, Yann, qui m’a inscrit. Nous étions six au départ.

Nicolas Goullet de Rugy et un ami en tenue de course, dossards sur le torse, avant le départ de la SaintéLyon
Avant le départ, avec l’un des amis inscrits avec moi.

La veille et l’attente

Je suis venu de Paris en train, et je logeais chez des amis en plein Lyon.

  • Le matin : retrait du dossard. Le hall est énorme, avec beaucoup de stands, et le parcours est tracé en serpentin pour vous faire passer devant toutes les boutiques avant d’arriver aux dossards.
  • Midi : j’ai mangé tôt, vers 12 h, puis je me suis baladé dans Lyon. Impossible de faire une sieste.
  • 18 h : j’ai rejoint d’autres amis pour prendre le bus vers Saint-Étienne.
  • 20 h : arrivée à Saint-Étienne. J’avais apporté un duvet pour pouvoir dormir avant le départ.
L’arche d’arrivée de la SaintéLyon dans la halle, la veille de la courseNicolas Goullet de Rugy allongé dans son duvet, bonnet sur la tête, en attendant le départ à Saint-Étienne
Le matin, la ligne d’arrivée déjà en place à Lyon. Le soir, l’attente dans le duvet à Saint-Étienne.

Ma stratégie

Le plan : arriver à Saint-Genou, au kilomètre 45, le plus frais possible, pour accélérer ensuite sur la partie plus roulante, qui me correspond mieux.

Retenez bien cette stratégie, parce que ça ne s’est pas passé comme prévu.

Le départ : beaucoup trop vite

Le départ est donné à 23 h 30. Entouré d’élites et de relayeurs, ça part vite. Très vite. Je vois 17 km/h s’afficher. Je décide de lever le pied, mais quand tout le monde vous double, il est difficile de vraiment ralentir.

Les coureurs massés devant l’arche de départ de la SaintéLyon, de nuit, à Saint-Étienne
Dans le sas, quelques minutes avant 23 h 30.

Je passe les dix premiers kilomètres en 49 minutes.

Saint-Christo, km 19 : l’ambiance du Tour de France

Au premier ravitaillement, une haie de supporters digne du Tour de France : ça tape dans le dos, ça encourage, l’ambiance est folle. Je suis 316e.

Mais je sens déjà mes jambes lourdes, et un mal de ventre s’installe.

Km 25 : je vomis

Un mal de ventre horrible, j’ai froid, je n’ai plus d’énergie. Ça va durer 10 kilomètres, à vomir tous les kilomètres.

Je marche et je trottine en plein déséquilibre, comme un type ivre. Mais je mets un pied devant l’autre, persuadé que j’abandonnerai au ravitaillement pour prendre le bus. L’ami qui avait commencé la course avec moi, lui, s’arrêtera là, au kilomètre 34.

Sainte-Catherine, km 34 : rester ou monter dans le bus

J’arrive à Sainte-Catherine 638e. J’ai perdu 322 places en 15 kilomètres.

J’y reste cinq longues minutes. Je bois, je rebois, encore et encore, de la St-Yorre, élue meilleure eau du monde. Ça me fait du bien.

Je me dis que je n’ai pas fait tout ça pour rien. Alors je repars. Un pas devant l’autre, et on serre les dents, même si c’est dur, même si je dois finir en 16 heures. De toute façon, la douleur n’est qu’une information.

Lucas m’appelle, ma sœur m’appelle. Ça me fait un bien fou.

Saint-Genou, km 45 : je me goinfre

Je n’avais rien mangé jusque-là. Maintenant que ça passe, j’en profite : saucisson, fromage, Tuc, chocolat, bonbons, soupe. À cette heure-là, on ne fait plus le difficile sur les mélanges sucré-salé.

De Saint-Genou à Chaponost : les jambes reviennent

Après Saint-Genou, je retrouve des sensations et mes jambes repartent. Le terrain devient plus plat, plus facile pour relancer, surtout avec mes qualités de coureur sur route.

Je passe à Soucieu (km 58,8) en 502e position, puis à Chaponost (km 65,4) en 445e. Ma famille me dit que je rattrape du monde. Motivation au maximum. Et puis c’est de la route, mon terrain.

Je rencontre Louis. Je lui dis que je dois tenir 10 kilomètres avant de retrouver mes amis. Nous faisons ces 10 kilomètres ensemble, à bon rythme, en discutant. Je le laisse filer, et je retrouve mes amis.

La montée des aqueducs et l’arrivée

La montée des aqueducs fait très mal. Mais j’ai mon cortège, tous levés à 5 h du matin pour moi. Je suis heureux, je pleure. Depuis le départ, j’attendais ce moment. Et là, je réalise que c’est fini.

Il reste 5 kilomètres, mais je sais que plus rien ne peut m’arrêter. Je double Louis, que je reverrai sur la ligne. Mes amis m’ont donné un élan indescriptible. J’imprime un bon tempo, autour de 4 min 30 au kilomètre, au point que les filles n’arrivent plus à suivre.

Les derniers kilomètres dans Lyon, au petit matin, filmés par mes amis (7 secondes, sans son).

Je passe la ligne en 8 h 28. Je pleure. Enfin, j’essaie, mais je n’ai plus d’eau.

Nicolas Goullet de Rugy après l’arrivée de la SaintéLyon 2025, dossard 7747, devant le mur des finishers
Après l’arrivée, dossard 7747.

Mes temps de passage

Les classements sont ceux de l’organisation. Les temps sont ceux de ma montre.

Point Km Temps de course Heure Place
Saint-Étienne 0 23 h 30
Saint-Christo-en-Jarez 19,2 1 h 44 1 h 15 316
Sainte-Catherine 34 3 h 31 3 h 02 638
Saint-Genou 45 4 h 55 4 h 26 585
Soucieu-en-Jarrest 58,8 6 h 24 5 h 55 502
Chaponost 65,4 7 h 03 6 h 34 445
Lyon 79,6 8 h 28 8 h 00 425

Entre Sainte-Catherine et Lyon, j’ai repris 213 places.

Les conditions et le terrain

La météo était très clémente pour une SaintéLyon : un peu de pluie et de vent, mais il faisait doux dans l’ensemble. Le terrain était facilement praticable, même avec de la boue.

Le parcours n’est pas très technique. C’étaient surtout des chemins jusqu’au kilomètre 50, puis beaucoup de bitume.

Une précision : j’étais dans les premiers. Avec près de 7 000 coureurs sur la course, je pense que le terrain devient très compliqué pour ceux qui passent en dernier.

Mon matériel

  • Chaussures : Salomon Sense Ride 5.
  • Frontale : une Decathlon HL900 de 600 lumens, avec une Petzl Actik Core de 625 lumens dans le sac en secours.
  • Sac : le Kiprun 12 L de Decathlon.
  • Montre : Garmin Forerunner 955 Solar.
  • Bâtons : aucun, ils sont interdits sur la SaintéLyon.
Le matériel de Nicolas pour la SaintéLyon étalé au sol : gels, flasques, frontale, sac, chaussures, gants, casquette et vêtements
Tout mon matériel, étalé la veille.

Ma tenue

  • En bas : un short. J’avais pris un legging au cas où, mais il faisait assez doux pour m’en passer.
  • En haut : un tee-shirt technique basique et une seconde couche chaude.
  • La veste : une Salomon Bonatti, que j’ai gardée pendant l’attente et retirée 2 minutes avant le départ, parce qu’elle me donnait trop chaud.
  • La tête et les mains : des gants et un bonnet, vite remplacés par une casquette, sans gants.
  • Le dossard : c’est une chasuble, donc une couche de plus. Elle ne tient pas très chaud, mais il faut en tenir compte.

Ce que j’avais emporté à manger et à boire

  • 2 gels Maurten ;
  • 4 compotes Decathlon ;
  • 10 barres Decathlon ;
  • des flasques de boisson isotonique Overstim.s ;
  • des recharges de boisson Näak.

Avec mon mal de ventre, je n’ai rien mangé avant le ravitaillement du kilomètre 45.

Mes chaussures : pas le bon choix

Les Sense Ride 5 étaient mes seules chaussures de trail, celles avec lesquelles j’avais l’habitude de courir. Elles accrochaient bien dans la boue.

Mais elles ne sont pas très réactives, et elles m’ont vite fait mal aux pieds. J’avais l’impression de beaucoup sentir le sol, avec très peu d’amorti. Sur 79 km, dont une longue fin sur bitume, ça se paie.

Ce qui a marché

  • Mon placement dans le sas de départ.
  • Ma fin de course, sur la partie roulante.

Ce que je change, c’est-à-dire à peu près tout

  • Mes chaussures, pas du tout adaptées.
  • Ma stratégie de course, qui était nulle : je suis parti beaucoup trop vite.
  • Ma nutrition, à laquelle je n’étais pas habitué.

Le mal de ventre, c’était un tout : une nutrition mal rodée, un départ trop rapide, et j’ai pris froid.

J’ai connu un autre coup dur à l’UTMB Nice, dix mois plus tard, mais la sensation n’était pas la même. À Nice, je n’arrivais plus à marcher. À la SaintéLyon, j’étais lent, mais j’arrivais à continuer.

Mon bilan

Je suis fier. J’aurais voulu faire mieux, bien sûr, mais j’en avais fait le deuil au kilomètre 25. Fier d’avoir résisté, fier d’avoir montré à mon cerveau que je pouvais aller au bout.

Je voulais faire 8 heures ou mieux. J’ai pris 30 minutes dans la vue : un rappel que je ne suis pas surhumain et que j’ai encore beaucoup à travailler.

Un immense merci à ma famille, à mes amis qui m’ont soutenu à distance, à Sull, Antoine, Lydie, Gwen, Emma et Mathilde, venus voir arriver un coureur en piteux état, et à Yann, qui m’a inscrit et qui a lui aussi vaincu ce monstre.

Est-ce que je la refais ?

J’ai adoré le paysage dans le noir, les pieds trempés, la boue, la fraîcheur du matin, les 8 heures passées à regarder mes pieds, les zombies, le vomi, le saucisson, les bacs de chocolat touchés par 3 000 mains avant moi.

Plus sérieusement : oui. L’ambiance est incroyable, et j’ai une grosse revanche à prendre.

Je suis inscrit à l’édition 2026. Tout ce que je change est détaillé dans mon guide pour préparer la SaintéLyon. Pas forcément une revanche sur le chrono, qui dépend beaucoup des années, mais je sais que je peux faire largement mieux. Le but : tout donner et rêver grand. Un top 100, peut-être.

Questions fréquentes

Quelle est la distance de la SaintéLyon ?

En 2025, le parcours faisait 79,6 km entre Saint-Étienne et Lyon. L’organisation annonçait environ 1 950 m de dénivelé positif ; ma montre en a enregistré 2 264.

Combien de coureurs finissent la SaintéLyon ?

En 2025, 6 152 coureurs ont terminé la course et 771 ont abandonné, soit 11 % d’abandons.

Le parcours de la SaintéLyon est-il technique ?

Non, il reste peu technique. En 2025, c’étaient surtout des chemins jusqu’au 50e kilomètre, puis beaucoup de bitume. Avec la boue et près de 7 000 coureurs, le terrain se dégrade pour ceux qui passent en fin de peloton.

Où sont les ravitaillements de la SaintéLyon ?

En 2025 : Saint-Christo-en-Jarez (km 19,2), Sainte-Catherine (km 34), Saint-Genou (km 45), Soucieu-en-Jarrest (km 58,8) et Chaponost (km 65,4).