Brooks Cascadia Elite : test et avis après 400 km et 2 ultras
Mon avis sur la Brooks Cascadia Elite après 400 km, dont 230 en course sur deux ultras : montée, accroche, chaussant, respirabilité, usure et défauts.

Brooks Cascadia Elite
- Distance parcourue
- Environ 400 km, dont près de 230 en course
- Conditions
- UTMB Nice (100 miles) et UTMB Verbier (X-Traversée, 77 km) par temps chaud, avec deux passages de pluie à Verbier ; entraînements en forêt de Meudon
- Convient à
- Les traileurs aguerris qui visent la compétition, du court à l’ultra
- Ne convient pas à
- Ceux qui cherchent une chaussure pour deux ou trois footings nature par semaine
Les plus
- Redoutable en montée, avec un vrai retour d’énergie
- Très réactive sur le plat
- Stable en descente sur les cailloux
- Aucune ampoule sur deux ultras, lacets qui ne bougent pas
- Encore en bon état après 400 km
Les moins
- Cheville plus exposée : semelle haute et chausson peu flexible
- Glisse un peu sur l’herbe en descente
- Peu d’espace à l’intérieur, mousse moins confortable qu’attendu
- Se salit vite et demande de l’entretien
- Prix élevé : 250 €
Je donne 4 sur 5 à la Cascadia Elite. C’est une chaussure de compétition redoutable en montée et très réactive sur le plat : après 400 km, dont deux ultras, je n’ai eu aucune ampoule et la paire fait encore largement le travail. Elle a aussi de vrais défauts : une semelle haute et un chausson peu flexible qui exposent la cheville, peu de place à l’intérieur, une mousse moins confortable que ce que j’attendais et un prix de 250 €. Je la conseille à un traileur expérimenté qui court pour le chrono, pas à quelqu’un qui sort deux ou trois fois par semaine en forêt.
Pourquoi j’ai choisi cette chaussure
C’est la chaussure qu’on voit beaucoup en ce moment, notamment grâce à des coureurs très suivis comme Clem qui court ou Théo Detienne. De mon côté, je cherchais une « super shoe » de trail avant l’UTMB Verbier. Je suis allé me faire conseiller en magasin : entre la Salomon S/Lab Genesis, la On Cloudultra Pro et la NNormal Kjerag, c’est celle-ci qui m’a le plus plu.
Je l’ai achetée en mai 2026 chez Running Conseil. Son prix public est de 250 € ; je l’ai eue à 200 € en promotion.


Une précision : je n’ai jamais couru avec une autre chaussure de trail à plaque. Je ne peux donc pas la situer face à ses concurrentes directes. Mon point de comparaison, c’est la Hoka Speedgoat 7, que j’utilise à l’entraînement.
Fiche technique
| Caractéristique | Valeur |
|---|---|
| Poids annoncé | 266 g |
| Poids mesuré | 279 g en pointure 44, sur ma paire usée et non nettoyée |
| Drop | 6 mm |
| Hauteur de semelle | 40 mm au talon |
| Mousse | DNA Gold (PEBA) |
| Plaque | SpeedVault+ en Pebax et carbone |
| Tige | Matryx |
| Semelle extérieure | Vibram Megagrip Elite |
| Prix public | 250 € (payée 200 € en promotion) |
Les caractéristiques annoncées viennent de la fiche de la Cascadia Elite chez Brooks. Le poids mesuré est celui d’une chaussure de ma paire, avec la terre qui reste dessus après 400 km.
Les conditions du test
J’ai parcouru environ 400 km avec cette paire :
- près de 230 km en course : les 77 km de la X-Traversée, le format 100K de l’UTMB Verbier, et 150 des 170 km du 100 miles de l’UTMB Nice ;
- le reste à l’entraînement, le plus souvent en forêt de Meudon.
Les deux courses se sont déroulées par beau temps et forte chaleur. À Nice, le terrain était très caillouteux. À Verbier, c’étaient surtout des sentiers, et j’ai eu deux passages de pluie, tous les deux en montée : le premier sur un chemin large, le second sur la montée rocheuse vers le glacier.

Ce que ce test ne couvre pas : la boue et les descentes sous la pluie. Je n’ai pas utilisé la Cascadia Elite dans ces conditions.
Chaussant : prenez une pointure au-dessus
J’ai pris du 44 alors que je chausse du 43, soit une pointure au-dessus. Il n’y a pas beaucoup d’espace dans la chaussure, et même avec cette marge mon pied vient parfois toucher l’avant. Rien de gênant.
Côté confort sur la durée, je n’ai eu aucun problème de pied : pas d’ampoule, ni à Verbier ni à Nice.
Chausson et laçage
Le chausson montant prend bien la cheville et ne laisse entrer aucun caillou. Sur un terrain comme celui de Nice, c’est un vrai confort.
La contrepartie, c’est que le pied est moins flexible. Je trouve qu’il est du coup plus enclin à se tordre.
Les lacets tiennent très bien. En course, je les fais une fois, avec un nœud simple, et je n’ai jamais besoin de les refaire.
Une semelle haute, à apprivoiser
C’est le point auquel il faut faire attention. La semelle est haute, ce qui a deux conséquences :
- il faut bien lever les pieds, sous peine de buter ;
- la cheville est plus exposée qu’avec une chaussure plus basse. On est perché, et avec un chausson peu flexible le risque de se tordre la cheville est plus grand.
Amorti et dynamisme : son point fort
En montée, elle est redoutable. Son retour d’énergie m’a permis de gagner beaucoup de places dans les ascensions.
Sur le plat, elle est géniale : très réactive, elle me permet d’allonger la foulée sans problème.
Côté confort, c’est moins net : la chaussure est épaisse et volumineuse, et pourtant la mousse n’est pas aussi confortable que je l’imaginais.
Mes jambes finissent en bon état, sans douleur particulière. Après les 170 km de Nice, j’avais forcément des douleurs, mais rien d’alarmant.
Accroche et stabilité en descente
Elle a tenu sur tous les terrains que j’ai rencontrés, cailloux comme sentiers. En descente, elle est très stable, surtout sur les cailloux.
Sous la pluie, à Verbier, je n’ai eu aucun problème non plus, y compris sur la montée rocheuse vers le glacier. C’était en montée : je ne sais pas ce qu’elle vaut en descente sur rocher mouillé.
Sa limite, c’est l’herbe : je trouve qu’elle y glisse un peu. Je l’ai surtout senti dans la descente d’Isola, sur l’UTMB Nice.
Respirabilité

La chaussure respire plutôt bien. À Verbier, il faisait très chaud et je n’ai pas eu besoin d’en changer.
À Nice, il faisait très chaud aussi et j’ai senti mes pieds plus mouillés. Je portais des chaussettes plus épaisses : je pense que c’est le contexte qui a joué, pas la chaussure.
C’est pour cette raison que j’ai changé de chaussures au ravitaillement de Saint-Sauveur-sur-Tinée, au 65e kilomètre, pour repartir les pieds au sec. Je raconte la course en détail dans mon récit de l’UTMB Nice. J’ai enfilé mes Hoka Speedgoat 7 pendant une vingtaine de kilomètres, pendant que mon assistance faisait sécher les Cascadia dans la voiture. Je les ai ensuite remises et gardées jusqu’à l’arrivée : au total, j’ai couru 150 des 170 km avec elles.
Usure après 400 km
Les crampons sont un peu entamés, rien d’extravagant. La paire fait encore largement le travail et je la vois tenir 400 km de plus.
Elle demande en revanche de l’entretien. Elle se salit très vite et elle est difficile à récupérer une fois sale. Il faut la laver régulièrement, notamment pour ne pas laisser la boue sécher dessus.



Les défauts
- Une cheville plus exposée, à cause de la semelle haute et du chausson peu flexible.
- Une semelle haute qui oblige à bien lever les pieds.
- Peu d’espace à l’intérieur, d’où la pointure au-dessus.
- Une mousse moins confortable qu’attendu pour une chaussure aussi épaisse.
- Une tendance à glisser un peu sur l’herbe en descente.
- Salissante, avec un entretien régulier à prévoir.
- 250 € : on est sur du très haut de gamme pour une chaussure de trail.
Cascadia Elite ou Speedgoat 7 ?
J’ai les deux, et je les ai portées sur la même course : la Speedgoat 7 a pris le relais des Cascadia pendant une vingtaine de kilomètres sur l’UTMB Nice. Elles n’ont pas le même programme.
| Cascadia Elite | Speedgoat 7 | |
|---|---|---|
| Programme | Compétition et vitesse | Polyvalence |
| Point fort | Retour d’énergie en montée, réactivité sur le plat | Agilité et accroche sur terrain technique |
| Accroche | Sûre sur cailloux et sentiers, y compris sur rocher mouillé en montée ; glisse un peu sur l’herbe ; pas testée dans la boue | Très bonne dans la boue et sur terrain mouillé |
| Hauteur | Semelle haute, on est perché | Plus basse, on est plus près du sol |
| Poids mesuré en 44 | 279 g | 276 g |
| Prix public | 250 € | 165 € |
| Mon usage | Environ 400 km, dont près de 230 en course | Environ 400 km, surtout à l’entraînement |
L’accroche dans la boue. Je cours souvent en Speedgoat 7 à Meudon quand le terrain est mouillé et boueux : elle s’en sort très bien et ne glisse pas du tout. Je n’ai pas cette expérience avec la Cascadia Elite, que je n’ai jamais utilisée dans la boue.
La hauteur. Les deux chaussent bien, mais la Speedgoat 7 est moins haute. On est plus bas que sur la Brooks, donc moins perché.
Le prix. La Speedgoat 7 vaut 165 €, contre 250 € pour la Cascadia Elite. J’ai payé la mienne 112 € en promotion.
Prenez la Speedgoat 7 si vous cherchez une chaussure polyvalente, efficace sur les sentiers techniques et par temps humide, pour tous vos entraînements.
Prenez la Cascadia Elite si vous voulez une chaussure plus nerveuse et plus dynamique pour faire la différence le jour de la course.
À qui elle convient, à qui elle ne convient pas
Elle convient à un traileur aguerri qui cherche la performance en compétition. Elle s’adapte à tous les formats : court, long ou ultra.
Elle n’est pas faite pour quelqu’un qui veut simplement courir deux ou trois fois par semaine en nature. À ce profil, je conseille sans hésiter la Hoka Speedgoat 7, que j’utilise aussi : elle sera bien plus adaptée.
Questions fréquentes
Quelle pointure prendre pour la Brooks Cascadia Elite ?
J’ai pris du 44 alors que je chausse du 43, soit une pointure au-dessus. La chaussure laisse peu d’espace à l’intérieur, et même ainsi mon pied vient parfois toucher l’avant.
La Brooks Cascadia Elite convient-elle à un ultra ?
Oui. Je l’ai portée sur les 77 km de la X-Traversée de Verbier et sur 150 des 170 km de l’UTMB Nice, sans ampoule ni problème de pied. Elle convient aussi aux formats courts.
Combien de kilomètres peut-on faire avec la Brooks Cascadia Elite ?
Après 400 km, dont près de 230 en course sur des terrains caillouteux, les crampons de ma paire sont un peu entamés mais elle fait encore largement le travail. Je pense pouvoir en faire au moins autant, à condition de la nettoyer régulièrement.
La Brooks Cascadia Elite respire-t-elle bien ?
Oui. À Verbier, par forte chaleur, je n’ai pas eu besoin d’en changer. À Nice, mes pieds étaient plus mouillés, mais je portais des chaussettes plus épaisses : je ne mets pas ça sur le compte de la chaussure.
La Brooks Cascadia Elite est-elle adaptée à un débutant ?
Non. C’est une chaussure de compétition à 250 €, avec une semelle haute qui demande de bien lever les pieds et expose davantage la cheville. Pour quelques footings nature par semaine, je conseille plutôt la Hoka Speedgoat 7.