Leki Ultratrail FX.One : test et avis après 30 h d’ultra
Mon avis sur les bâtons Leki Ultratrail FX.One après le 100 miles de l’UTMB Nice : gantelet, pliage, rigidité, solidité dans les cailloux, poids mesuré et défauts.

Leki Ultratrail FX.One
- Distance parcourue
- Une dizaine de sorties, les 165 km de l’UTMB Nice, puis un week-end à Châtel
- Conditions
- UTMB Nice (100 miles) : 30 heures, forte chaleur, terrain très caillouteux
- Convient à
- Les traileurs réguliers, compétiteurs et ultra-traileurs qui cherchent le rendement, la légèreté et des transitions rapides
- Ne convient pas à
- Les débutants, les coureurs occasionnels et ceux qui veulent des bâtons polyvalents pour le trail et la randonnée
Les plus
- Gantelet qui permet de pousser fort en montée
- Clipsage et déclipsage à l’aveugle, par tous les temps
- Prêts à l’emploi en 5 secondes
- Fins une fois pliés : ils glissent tout seuls dans un carquois
- Ont encaissé les cailloux de Nice sans dégât
Les moins
- Prix élevé : 180 €
- Sans le gantelet, le bâton devient très inconfortable
- Le gantelet peut frotter sur la peau au bout de nombreuses heures
Je donne 5 sur 5 aux Leki Ultratrail FX.One. Je les ai gardés en main pendant les 30 heures de l’UTMB Nice, sur un terrain très caillouteux, et ils en sont sortis avec quelques rayures. Leur gantelet change vraiment la poussée en montée, ils se déplient en 5 secondes et glissent tout seuls dans un carquois. Leurs défauts sont peu nombreux : le prix, 180 €, et la dépendance au gantelet. Je les conseille à ceux qui courent régulièrement en compétition, pas à un débutant ni à quelqu’un qui cherche des bâtons pour la randonnée.
Pourquoi j’ai choisi ces bâtons
Mes précédents bâtons, des Kiprun carbone 3 brins de Decathlon, ont cassé pendant ma préparation de l’UTMB Nice. Il m’en fallait d’autres pour le 100 miles.
Je les ai essayés en magasin, chez Ekosport, puis achetés sur Internet en taille 125 cm. Leur prix public est de 180 € ; je les ai eus à 160 € en promotion. C’est parfait pour mon 1,84 m, alors que mes Kiprun en 130 cm étaient un peu trop longs.
Pourquoi pas la version Superlite
Il existe une version plus légère de ces mêmes bâtons, l’Ultratrail FX.One Superlite (ou SL). Elle pèse environ 38 g de moins par bâton. Je ne l’ai pas choisie.
Je ne l’ai pas testée moi-même. Mais d’après les retours que j’en ai eus, ces bâtons plus légers cassent très facilement entre deux rochers. N’étant pas sponsorisé par Leki, j’ai préféré jouer la sécurité : des bâtons un peu plus lourds, mais pas de souci pendant la course.
Fiche technique
| Caractéristique | Valeur |
|---|---|
| Taille testée | 125 cm |
| Poids mesuré | 192 g le bâton |
| Longueur plié | 39 cm |
| Matériau | Carbone |
| Poignée | Liège, avec gantelet à clipser |
| Prix public | 180 € (payés 160 € en promotion) |
Le poids et la longueur pliée sont mesurés sur ma paire.
Les conditions du test
Je les ai eus un mois avant Nice. Avant la course, j’ai fait une dizaine de sorties avec.
Le vrai test, c’est l’UTMB Nice : 165 km, 8 900 m de dénivelé positif, 30 heures de course par forte chaleur, sur un terrain très caillouteux. Depuis, je les ai aussi utilisés pendant un week-end à Châtel.
Le gantelet : ce qui change tout
À la place d’une dragonne, on enfile un gantelet, qui se clipse sur la poignée.


Clipser et déclipser
- Pour clipser : un simple mouvement vers le bas, jusqu’au « clic ». L’entonnoir de la poignée guide la boucle.
- Pour déclipser : on appuie avec le pouce sur le bouton du dessus.


De nuit, sous la pluie ou avec les doigts engourdis, ça se fait totalement à l’aveugle. Quelles que soient les conditions, je n’ai jamais rien senti qui accroche.
La prise en main
Je m’y suis fait dès la première sortie, et le geste devient vite un réflexe.
La seule chose déroutante, c’est de s’appuyer franchement sur le gantelet pour maximiser la poussée. Au début, ce n’est pas naturel et on a peur de le casser. On s’y habitue très vite.
Avec les mains occupées
C’est la force du système. Le gantelet, en mesh, est très fin et se porte comme une mitaine. Il ne gêne absolument pas pour attraper une flasque, déchirer l’emballage d’une barre ou manipuler son téléphone.
Quelques détails à connaître :
- La veste imperméable : les gantelets peuvent s’accrocher quand on l’enfile. Rien de dérangeant.
- Les gants : je les mets sous le gantelet, pour continuer à utiliser les bâtons quand il fait froid.
- Les frottements : à Nice, je les ai gardés 30 heures. Au bout d’un moment, il peut y avoir une friction avec la peau. J’ai pris l’habitude de les desserrer un peu quand je n’utilise pas les bâtons, pour éviter toute irritation.
- Le bronzage : après 30 heures sous un grand soleil, j’avais une belle marque de gantelets sur les mains.
Pliage et rangement
Avec un peu d’entraînement, ils sont prêts à l’emploi en 5 secondes : on jette les brins vers le bas, puis on tire le brin supérieur jusqu’au « clic » du bouton-poussoir. Le repliage est tout aussi rapide.


Je les range dans un carquois, Salomon ou Decathlon : j’ai les deux. Les bâtons sont fins et n’ont pas de dragonne qui pend, donc ils glissent tout seuls, bien plus facilement que mes anciens Kiprun. C’est vraiment agréable.
Pliés, ils mesurent 39 cm. On peut aussi les ranger à l’horizontale dans la poche arrière d’un gilet d’hydratation ou d’une ceinture.
En courant avec les bâtons dans le carquois, le comportement est bon : ils ne ballottent pas et on ne les sent pas du tout, même en descente rapide.
Sur le terrain
En montée
La rigidité du carbone est bluffante. En montée raide, j’ai vraiment la sensation qu’ils m’aident beaucoup. Pouvoir s’appuyer bien fort sur le gantelet, c’est incroyable comparé à des bâtons à dragonne comme mes Kiprun.

En descente
Je les utilise peu en descente : ils sont le plus souvent rangés dans le carquois. Je n’ai donc pas d’avis sur leur comportement dans ce cas.
Dans les cailloux
L’accroche est excellente.
Ils se sont coincés plusieurs fois entre deux cailloux, le classique sur ce genre de terrain. Le bâton a parfaitement encaissé la torsion au moment de l’arracher, même si j’ai eu quelques sueurs froides.
Usure après l’UTMB Nice
Le bilan est très rassurant :
- Les tubes en carbone : quelques rayures superficielles, rien de structurel.
- Les pointes : presque intactes.
- Le bouton-poussoir : intact.
- Le liège des poignées : il n’a ni bougé ni creusé.
Les défauts
Sans filtre, il y en a peu.
- Le prix, clairement élitiste : 180 €.
- La dépendance au gantelet : si on en perd ou en déchire un en pleine course, le bâton devient très inconfortable à utiliser à mains nues.
- Les frottements du gantelet sur la peau, sur les très longues durées.
En cas de casse : un bâton se rachète à l’unité
Casser un bâton ne veut pas dire racheter la paire. On trouve en boutique spécialisée des bâtons Leki vendus à l’unité, en « demi-paire ». Après mon expérience avec les Kiprun, c’est un point qui compte.
Leki Ultratrail FX.One ou Kiprun carbone ?
J’ai utilisé les deux, les Kiprun pendant environ 500 km et les Leki sur un 100 miles.
| Leki Ultratrail FX.One | Kiprun carbone 3 brins | |
|---|---|---|
| Prix public | 180 € | 99,99 € |
| Maintien de la main | Gantelet à clipser | Dragonne |
| Poussée en montée | On s’appuie fort sur le gantelet | Dragonne pénible |
| Dans le carquois | Fins, ils glissent tout seuls | Volumineux, difficiles à rentrer |
| Solidité | Intacts après les cailloux de Nice | Un bâton cassé au dépliage après 500 km |
| Ma taille (1,84 m) | 125 cm, parfait | 130 cm, un peu long |
| Ma note | 5 / 5 | 2,5 / 5 |
Les Leki coûtent 80 € de plus. Je préfère payer 80 € de plus que de changer de bâtons tous les ans.
Le détail est dans mon test des bâtons Kiprun carbone.
À qui ils conviennent, à qui ils ne conviennent pas
Je les conseille aux traileurs réguliers, aux compétiteurs et aux ultra-traileurs qui cherchent le rendement maximal, la légèreté et des transitions très rapides.
Je les déconseille :
- aux débutants et aux coureurs occasionnels, vu le prix ;
- à ceux qui veulent des bâtons polyvalents pour le trail et la randonnée. Ils peuvent servir en randonnée, mais pour cette pratique je conseille plutôt des bâtons réglables.
Leur tarif est élevé, mais ça reste un investissement très intéressant. De véritables machines de guerre, que j’apprécie énormément.
Où l’acheter
Questions fréquentes
Quelle taille de bâtons Leki Ultratrail FX.One choisir ?
Je mesure 1,84 m et j’ai pris du 125 cm, ce qui est parfait pour ma taille.
Combien pèsent les Leki Ultratrail FX.One ?
J’ai pesé un bâton de 125 cm : 192 g. Plié, il mesure 39 cm.
Le gantelet Leki gêne-t-il pour boire ou manger en course ?
Non. Le gantelet est très fin et se porte comme une mitaine : je peux attraper une flasque, ouvrir une barre ou utiliser mon téléphone sans l’enlever. Il peut seulement accrocher quand on enfile une veste imperméable.
Les Leki Ultratrail FX.One sont-ils solides ?
Sur les 165 km très caillouteux de l’UTMB Nice, ils se sont coincés plusieurs fois entre deux rochers et ont encaissé la torsion. Après la course : quelques rayures superficielles sur le carbone, rien de plus.
Leki Ultratrail FX.One ou bâtons Kiprun carbone de Decathlon ?
Les Kiprun coûtent 99,99 € et conviennent pour la randonnée ou un petit budget. Les Leki, à 180 €, sont plus fins une fois pliés et leur gantelet change la poussée en montée. Pour le trail, je choisis les Leki sans hésiter.